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CPF : ce qui change depuis le 26 février 2026

Voici l'article de blog :

Après des mois de flottement réglementaire, les règles du Compte Personnel de Formation (CPF) sont désormais posées. Deux décrets publiés fin février rentrent en vigueur dès le 26 février 2026, et ils marquent une rupture dans la logique du dispositif : le CPF bascule dans une logique de plafonnement, avec une participation financière plus importante de la part du bénéficiaire ou de ses cofinanceurs. Pour les salariés comme pour les organismes de formation, l'impact sera très concret. Voici ce qu'il faut retenir.


Un reste à charge revalorisé : 103,20 € par formation

Ce n'est pas une nouveauté absolue, mais c'est un préalable à comprendre. Une participation forfaitaire obligatoire avait été mise en place pour toute personne souhaitant utiliser son CPF. Cette somme est indexée sur l'inflation et revalorisée chaque année au 1er janvier. Son montant est désormais fixé à 103,20 € pour 2026.

Concrètement, même si votre solde CPF couvre entièrement le coût de la formation, vous devrez débourser 103,20 € de votre poche. Cette participation est automatiquement appliquée lors de l'achat d'une formation sur la plateforme, sauf cas d'exonération.

Elle ne s'applique pas dans certains cas : demandeurs d'emploi, salariés dont la formation est financée intégralement par l'employeur, ou titulaires mobilisant des points de leur Compte Professionnel de Prévention (C2P).


Des plafonds par type de formation : la grande nouveauté

C'est le changement le plus structurant. Jusqu'à présent, un titulaire de CPF pouvait mobiliser l'intégralité de son solde pour financer n'importe quelle formation éligible. Désormais, des plafonds s'appliquent selon le type de formation :

  • 1 500 euros pour les certifications inscrites au Répertoire Spécifique (RS)
  • 1 600 euros pour les bilans de compétences
  • 900 euros pour les préparations aux épreuves théoriques et pratiques du permis B

Ces plafonds ont été actés par l'article 203 de la loi de finances pour 2026. Ils s'appliquent aux certifications enregistrées dans le répertoire spécifique, aux bilans de compétences, et à la préparation aux épreuves du permis de conduire léger.

Bonne nouvelle pour les formations qualifiantes : les diplômes et titres professionnels inscrits au RNCP ne sont pas soumis au plafonnement. Le CléA (socle de connaissances et de compétences professionnelles) est également exclu. L'objectif affiché est d'orienter les actifs vers des formations plus directement liées aux besoins du marché du travail.


Le bilan de compétences : un cadre radicalement reencadré

Le bilan de compétences fait l'objet de deux décrets spécifiques publiés dans la même séquence.

Un plancher d'heures d'accompagnement. Le décret modifie le Code du travail pour fixer à 13 heures minimum la durée totale d'accompagnement effectif par le prestataire, dans un cadre maximal qui reste à 24 heures. Cette mesure vise à répondre au développement d'offres de bilans dont la durée était inférieure à treize heures, ce qui posait des interrogations sur la qualité.

Seules les heures de prestataire sont finançables. Le décret précise désormais que seules les heures d'accompagnement effectuées par un prestataire disposant d'un numéro de déclaration d'activité (NDA) peuvent être financées via le CPF. Cela exclut de fait la valorisation des heures réalisées par d'autres intervenants ne remplissant pas ces conditions. En clair : le travail personnel du bénéficiaire ne peut plus gonfler la facture.

Un délai de carence de 5 ans. Si un bilan de compétences a été financé au cours des cinq dernières années par un financeur public ou paritaire, le CPF ne peut pas être mobilisé à nouveau avant l'expiration de ce délai. Cela vise aussi à empêcher le contournement des plafonds par la multiplication de bilans enchaînés.


Le permis de conduire léger : accès restreint

La loi limite désormais la possibilité de mobiliser le CPF pour la préparation aux permis de conduire légers (voitures et motos). Cette mesure s'explique par le fait que le permis B est devenu la première formation financée grâce au CPF, représentant 264 millions d'euros de dépenses en 2023.

Depuis le 20 février 2026, la mobilisation du CPF pour les permis du groupe léger (A1, A2, B1, B, BE) est désormais réservée aux demandeurs d'emploi inscrits à France Travail, et aux salariés qui bénéficient d'un financement tiers pour préparer ce type de permis. Les permis poids lourds et transport de personnes restent accessibles à tous les titulaires.


Un cofinancement facilité : la contrepartie positive

Au milieu de ces restrictions, une mesure assouplit le dispositif. Depuis le décret du 3 décembre 2025, il n'est plus nécessaire d'utiliser tous ses droits CPF avant que l'employeur ou un autre financeur puisse abonder le compte. La Caisse des Dépôts a clarifié l'ordre de mobilisation : les fonds sont utilisés en priorité par les financeurs spécifiques, puis par les ressources CPF complémentaires si nécessaire. Cette évolution facilite la co-construction de parcours de formation avec l'employeur.



Ce que cela signifie concrètement pour vous

Ces réformes reflètent une tendance de fond : l'État cherche à maîtriser une dépense qui est passée de 740 M€ en 2018 à 1,9 Md€ en 2025, après un pic à 2,7 Md€ en 2021. Pour les bénéficiaires, le message est clair : le CPF reste un outil puissant, mais il est désormais davantage orienté vers les formations certifiantes et les reconversions professionnelles structurées. Pour les formations courtes du répertoire spécifique ou les bilans, il faudra anticiper les plafonds et, le cas échéant, solliciter un cofinancement auprès de son employeur ou de son OPCO.

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